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10 février 2023

Monde cruel


Vous trouvez cette affiche alléchante ? Avec les trois premières lignes en gros et gras, et tous ces noms de groupes cultes parmi les cultes, ça vaut le détour pas vrai ?

Eh bien moi, elle me fait peur, cette affiche. Passé le premier effet "wahou" on se replonge dans la réalité : 

  • Siouxsie Sioux : 65 ans,
  • Iggy Pop : 75 ans,
  • Billy Idol : 67 ans,
  • Ian McCulloch (Echo & The Bunnymen) : 63 ans,
  • Adam Ant : 68 ans,
  • Phil Oakey (Human League) : 67 ans,
  • Daniel Ash (Love & Rockets) : 65 ans,
  • Gary Numan : 64 ans,
  • Andy Gill (Gang Of Four) : 65 ans...
La plupart n'ont rien sorti depuis des lustres. Alors une affiche comme celle-ci... Sérieusement ? Admettons qu'ils reviennent sur scène pour le plaisir et pas pour l'argent, ce que l'on peut quand même concevoir, mais on peut légitimement se demander quel est l'intérêt d'aller voir ça, hormis pour pleurnicher sur le bon vieux temps ?

Un post Facebook parmi tant d'autres

Le rock a toujours été pour moi un camarade de combat, une force, une solution, un accompagnement destiné à supporter le quotidien, à s'en évader. Quand on arrive à un certain âge, pour pouvoir avancer le plus loin possible, on s'appuie sur les épaules de jeunes costauds plein de force, pas sur celles de ses congénères voûtés et fatigués.

Les boomers comme moi (nan c'est pas mon cas désolé) sont devenus des collectionneurs de disques : ils passent leur temps à racheter, encore et encore, des vinyles trouvés dans des brocantes, à prendre en photo le disque qui tourne sur leur platine avec la pochette bien en évidence, à publier et republier des vidéos de tubes archi-connu(e)s, les vidéos comme les titres.

Je comprends bien leur besoin et ça m'arrive parfois, mais je ne m'imagine pas une seule seconde faire ça continuellement, il y a quelque chose là-dedans de flippant. C'est comme si c'était sous-titré : "regardez mon disque comme il est beau, regardez mon passé comme il est toujours là".

Bien entendu il ne faut pas oublier son passé ni le négliger... mais le célébrer en permanence ? Soyons clair : je ne rejette absolument pas ce que j'ai écouté à une certaine époque, même s'il y a des choses que je n'écoute plus du tout, car elles ne correspondent plus à l'individu que je suis aujourd'hui. 

Le moindre des paradoxes, allez vous rétorquer, c'est que je fais moi-même des podcasts bourrés de vieilleries, mais qu'on ne se méprenne pas : il s'agit de raconter une histoire, de savoir d'où l'on vient pour mieux comprendre où l'on va. On écoutera mieux un jeune groupe quand on connaît ses influences et que l'on trouve des repères du passé à sa musique.

Le but n'est pas de se dire "c'était mieux avant", mais d'expliquer comment c'était, et pourquoi c'était comme ça. Certes cela peut provoquer un certain cynisme (c'est le syndrome du chroniqueur de disques, une espèce en voie de disparition), celui de l'érudit blasé qui trouve toujours une comparaison pour dénigrer le présent par un dédaigneux "pfff, ça a déjà été fait", mais le boulot de l'historien, c'est aussi de démêler le vrai du faux et de montrer que ce jeune groupe a recréé sans le savoir un son du passé, ce qui permettra de mieux apprécier leur inspiration et de la situer dans le contexte du monde d'aujourd'hui. C'est un peu comme l'étude des origines du nazisme permet de mieux comprendre la montée des fascismes actuels, hein.

Edith Nylon
Je ne regrette pas ce passé, pas du tout. Pas plus que je n'ai jamais été fan du moindre groupe : on aime un morceau pour ce qu'il est, pas pour qui l'a composé, je n'ai jamais compris ce phénomène et j'essaye d'avoir un esprit complètement vierge à chaque écoute d'une nouvelle production par un groupe que je connais déjà très bien.

Ce qui me fait peur, c'est qu'il y a pourtant pléthore de très bons groupes aujourd'hui, et qu'au lieu de ne voir sur les réseaux sociaux fréquentés par les gens de mon âge que des posts enthousiastes qui leur sont consacrés, avec au milieu un peu de nostalgie, c'est le contraire qui se passe. Cette affiche en témoigne : on privilégie les vieux barbons au lieu des jeunes pousses. Ce qui serait sain, ce serait que "Siouxsie", "Adam Ant", "Echo & The Bunnymen" soient indiqués en petit, avec un "en spécial guest !" indiqué à côté de leur nom.

Cela résonne aussi avec tout ce que je détestais quand, à 15 ou 16 ans, j'ai commencé à écouter du rock alternatif : il était insupportable de voir tous ces vioques complètement has-been faire la une des magazines de rock. Bruce Springsteen, Dire Straits, Yes, Genesis, Rod Stewart. Au secours ! Moi j'écoutais The Cure, New Order, Taxi Girl, et ils avaient à peine le droit de cité.

Et puis merde, et le glamour dans tout ça ? Et la jeunesse arrogante qui emmerde les vieux ? 

Cette affiche nous renvoie dans la gueule ce que nous sommes devenus, nous les quaran... cinquantenaires/soixantenaires. Rien ne m'excite plus aujourd'hui que toute la nouvelle scène post-punk 2.0 venue de Grande-Bretagne, et si de temps à autre je me refais avec plaisir un bon Buzzcocks, un petit Pixies ou un plombant Joy Division, c'est pour mieux revenir à l'actualité. C'est en elle que coule la sève de 2023, c'est elle qui me revigore, m'excite, me rend fort et heureux.

999Que des gens de vingt ans soient contents en voyant cette affiche, je veux bien le comprendre, ils n'ont jamais pu voir lesdits groupes il y a trente ans donc ils en profitent, sans les œillères que nous avions dans les années 80/90, avec ce snobisme qui consistait à rejeter tout ce qui datait "d'avant" (en général depuis 1977). C'est même une attitude saine et bienvenue. Mais je ne comprends pas que quelqu'un de mon âge soit encore tout émoustillé à l'idée d'aller voir ces gens sur une scène.

Enfin quoi, se retrouver devant des gros chauves ridés sur scène et autour de soit, qu'y a-t-il d'enthousiasmant là-dedans ? Ce qu'ils chantaient signifiait quelque chose à l'époque où ils l'ont écrit, mais qu'est-ce que ça veut dire aujourd'hui ?

Qu'un groupe se reforme au bout de vingt ans de silence, pas de souci si c'est pour refaire de la musique, créer quelque chose de nouveau qui correspond à ce qu'ils sont devenus (évitez les photos avec vos têtes quand même) et j'irai avec plaisir, mais si c'est pour essayer de retrouver un peu ce qu'ils ont définitivement perdu en rabâchant ce que tout le monde connaît par cœur, je trouve ça juste gênant et triste (et je ne parle pas de ceux qui cachetonnent bien sûr, ils n'ont que ma pitié - pas mon mépris, ça peut arriver d'avoir besoin de thunes - pas vrai, Peter Hook ?).

Il n'y a pas de moralité à ce post. Je sais que vous serez nombreux à ne pas comprendre ce que je veux dire ou à trouver cela ridicule et injuste. Peut-être qu'après tout c'est moi qui n'accepte pas mon vieillissement, et je le rejette sur les autres, c'est possible.

Mais le "c'était mieux avant", non, jamais, pas question, ce n'est pas pour moi. Avant c'était avant, et c'était super, mais c'est fini.

05 janvier 2022

C'est reparti

J'ai décider de relancer ce blog ! En me relisant je me suis dit que, quand même, c'était pas si mal ce que j'y avais écrit, même si pas grand monde ne lisait tout ça.

J'essaierai de publier régulièrement les podcasts consacrés à l'actualité "à rebours" : chaque semaine, un podcast de 20 minutes environs présentant 5 ou 6 titres sortis pile poil il y a 30, 35, 40, 45 ans. Il faut juste faire l'effort de cliquer pour entendre ma douce voix et faire vibrer la fibre nostalgique. J'en ai profité pour remettre quelques notes, antidatées comme celle consacrée à New Order.

Je n'ai pas la prétention de parler de toutes les formes de rock, alors je me cantonne à celui que j'ai aimé et écouté, sur lequel j'écris depuis 1989, d'abord dans des fanzines... :

  • le Kissing Booklet consacré à Cure,
  • puis Decades, mon propre fanzine consacré... au passé du rock, tiens donc - seulement 2 numéros,
  • enfin Prémonition, premier fanzine de France  de 1990 à 1996 disons, distribué dans toutes les FNAC notamment, ensuite sur le web et aujourd'hui qui vit tranquillement),
... ensuite en écrivant un livre sur l'histoire du mouvement punk et du début du post-punk : "Génération Extrême, 1975-1982 du punk à la cold-wave" paru en 2005 chez Camion Blanc.
Aujourd'hui la rédaction de la suite est entamée, elle concernera la période 1988-1994, puisse un gentil éditeur concrétiser ce projet quand il sera terminé (faut que je me bouge).

Si vous voulez connaître mon parcours musical (on sait jamais, j'ai toujours rêvé d'être une célébrité), je vous invite à lire la note de mars 2018 concernant L7.

08 mars 2018

C'est la journée des meufs, et L7 se reforme

1991


Je n'ai pas connu le mouvement punk, j'étais trop jeune. Je m'y suis plongé 5 ou 6 ans plus tard, après avoir formé mes oreilles naissantes avec la "new-wave" au sens large, où on l'entendait à l'époque, et un peu de hard-rock, comme tout collégien rebelle qui se respectait (plus quelques errances bien naturelles quand on a 14 ans).

A partir de 1985/1986, j'étais devenu incollable sur l'actualité de la musique anglaise, je les connaissais tous, tous ces groupes habillés de noir aux cheveux hérissés. Anglais, donc, Français aussi un peu, mais quasiment pas Américains, il n'y avait rien hormis les B52's, Devo ou les Dead Kennedys. Et on s'en foutait.

Je n'avais pas vécu la vague punk, mais j'étais très à l'aise avec le post-punk, la new-wave, les nouveaux romantiques, les gothiques et tous ces mouvements interdits dans le monde des gros beaufs.
Il fallait bien que je me rattrape, n'ayant pas vécu le punk de tout près : car je ressentais bien, profondément, que j'avais loupé quelque chose. Et ce n'est pas parce que je m'étais bien rattrapé en m'acharnant à redécouvrir le moindre album ou single sorti entre 1976 et 1978 (après, on tombe dans la "new-wave") que je pouvais combler ce manque : être passé à côté de l'extraordinaire vent de liberté qui avait dû s'emparer de toute la jeunesse d'alors, du moins c'est ce que j'imaginais, au travers de tous les témoignages que je collectionnais.

Il fallait bien que je vive avec ce sentiment d'être arrivé trop tard, et je pouvais m'en contenter car il y avait quand même de sacréments bon trucs à se mettre sous la dent au milieu des 80's : New Order, The Cure, Siouxsie & The Banshees, Echo & The Bunnymen, Bauhaus, un peu plus tard The Smiths, That Petrol Emotion, etc.Seulement voilà : l'excitation ne dura pas très longtemps. A partir de 1987/1988, on commençait à sacrément s'emmerder, avec tous ces groupes qui soit se la pétaient, soit larmoyaient en permanence. The Mission et tous ces machins chiants comme la mort, je me demande aujourd'hui comment j'ai pu aimer ça.

1989, c'est sans doute le moment où tout s'est joué : soit vous passiez du bon côté, le "côté obscur de la force", soit vous vous vautriez dans votre ennui désespéré mortel et pleurnichard ("Ian Curtis, mon héros, Robert Smith, ma muse").
Le bon côté, il commençait à donner des coups d'épaule pour enfoncer la porte : les Pixies, par exemple, ce groupe étrange et rigolo, très inhabituel, venu de ce grand pays vide qu'étaient les USA, ou les DJ's d'Angleterre qui faisaient de la house music avec un sourire jusqu'aux oreilles et des yeux éclatés par les pilules d'ecstasy.
Il fallait être curieux pour s'y intéresser parce que c'était relativement éloigné de ce qu'on avait l'habitude d'entendre, et courageux aussi, parce qu'il fallait du coup assumer une certaine solitude par rapport à ses potes. Sans compter le look : comment s'habiller en noir quand on se met à la house ?

J'ai eu ma petite remise en question, car je sentais qu'il se passait quelque chose. C'était difficile à percevoir, mais il y avait un truc excitant, quelque chose de latent. Et puis tout s'est enchaîné très vite : Killing Joke est revenu de sa mièvrerie en pondant un album brutal en 1990, alors que les Pixies jouaient maintenant dans des stades et que l'extrême sauvagerie doublée de leur j'm'en foutisme rigolard m'envoyaient au septième ciel. Avec un an de retard, j'ai découvert avec stupeur l'extraordinaire "Daydream Nation" de Sonic Youth, puis le single dont tout le monde parlait, celui d'un groupe de Seattle, Mudhoney, "Touche Me I'm Sick", et d'un seul coup il n'y avait plus qu'un nom sur toutes les bouches : Sub Pop. On écoutait de la "sub pop" avant de parler de noise ou de grunge, et sans attendre ce fut au tour de Nirvana et "Smells Like Teen Spirit".

Et j'ai vécu mon mouvement punk.

Une vague immense, un tsunami, j'imagine qu'on a tous ressenti à ce moment-là le même phénomène qui s'était produit avec le punk : tous les jours sortait un nouveau groupe, un nouvel album, un machin qui vous sciait les jambes : des Etats-Unis (TAD, Soundgarden, Hole, Babes In Toyland, Jesus Lizard, Helmet, Ministry, Nine Inch Nails, Pavement, Love Battery, Cows, Unsane, Dinosaur Jr, Sebadoh, Boss Hog, Hammerhead, Prong, Seaweed...) mais aussi d'Angleterre (Ned's Atomic Dustbin, P.J. Harvey, The Future Sound Of London, Shamen, Curve, Ride, Lush, Fatima Mansions, Silverfish, Teenage FanClub...), voire de France (les Thugs, Welcome To Julian, Planete Zen, Diabologum, Skippies, Sister Iodine, Skippies, Cut The Navel String, Sloy...) ou de... Suisse (Young Gods). D'un seul coup, terminée la musique des années 80, terminées les coiffures gothiques, un vent de liberté soufflait partout et si vous n'en faisaiez pas partie vous étiez aussitôt un ringard, un has-been, et vous alliez le rester.

On ressentait cela profondément, quelque chose qui vous unifiait, qui vous portait, qui vous rendait différent, unique, privilégié : on croisait nos semblables dans des concerts de plus en plus remplis, animés, hystériques, bref magiques, on vivait l'Histoire en direct, avec la conscience aigüe de participer à un événement marquant de la grande saga du rock.




1995


Le mouvement s'est éteint, même si quelques groupes ont subsisté, même si d'excellents albums ont encore vu le jour. Tout s'est arrêté, grosso modo, avec la mort de Kurt Cobain. L'enthousiasme s'est éteint : on avait perdu. Et tout le monde a perdu la foi. On s'est repliés vers soit, le big beat, le breakbeat, la jungle et le trip-hop  arrivaient, des musiques paradoxalement moins festives même si elles faisaient les beaux jours des boîtes de nuits, car elles étaient beaucoup plus centrées sur soi : on dansait mais on dansait seuls, que ce soit avec les grands noms comme Chemical Brothers, Fatboy Slim, Underworld, Laurent Garnier ou n'importe quel DJ (Shadow et autres).




2018


Quelques groupes se sont reformés. Soundgarden, Sebadoh, Ride, Pixies, Lush, la plupart n'ayant pas réussi à franchir le cap de l'album unique ou du simple EP. Car comment retrouver l'enthousiasme quand les autres ne sont plus là, que la seule communauté subsistante est constituée de gens de 40 / 50 ans qui vivent sur le souvenir ? Toute commémoration, aussi réussie soit-elle, reste une commémoration.

Depuis 1991, de l'eau a coulé sous les ponts. Il y a eu d'excellents groupes, et toujours une actualité excitante. Mais pas de tsunami, pas de vague qui vous emporte. Trop de styles différents, trop de main-mise des médias et des maisons de disques. Alors on se contente de petites vaguelettes, éparses, propulsées par des groupes différents, ni au même moment ni au même endroit ni dans le même style. Tant pis, c'est déjà pas si mal.

Il y a quelques jours est sorti un nouveau single de L7, fabuleux groupe à la discographie sans faute, et le single est génial et aussi mordant qu'à l'époque où je découvrais Wargasm sur une cassette promotionnelle (vous savez, ce truc en plastique avec une bande magnétique), cassette que j'ai utilisée pendant 10 ans alors que j'achetais les albums suivants (et précédents) en CD, avant de récupérer les morceaux sur Napster (voyez Wikipédia si vous ne savez pas de quoi il s'agit) et de les graver sur un CD. Aujourd'hui ils sont sur Deezer, ça me suffit amplement.




L7, quoi de mieux pour rendre hommage aux femmes dont c'est "la journée", comme m'y incite Facebook en me demandant qui sont les femmes qui m'inspirent et que j'admire ? L7 (il y en a d'autres), quatre nanas sauvages toutes guitares dehors, quelque part entre hard rock, punk et grunge (pléonasme), quatre riot grrrls même si on ne les a jamais classées comme telles, quatre filles dont les six albums studio me tiennent compagnie depuis trente ans. Vivement le prochain.

"Get out of my way or I might... shove
Get out of my way or I'm gonna... shove"
(Shove)

Everglade



Andres



Pretend We're Dead
Le single qui les a fait connaître au monde entier



I Came Back To Bitch
Le nouveau single. Elles assurent à 50 balais non ?

01 janvier 2016

C'est parti mon kiki

Allez voilà, débuter l'année est une bonne idée pour débuter un blog. Et ça faisait longtemps que j'avais envie de sortir un peu de Facebook pour m'adresser au monde entier, à vous donc, lecteurs français, anglais, japonais, zimbabweiens, kurdes de Syrie ou de Turquie et monégasques déprimés.

"Quinquado", parce que le terme est rigolo et que ce sera bientôt mon cas (pas encore à l'heure où j'écris ces lignes, ouf), ce mot a été inventé par un type qui devait beaucoup s'ennuyer pour désigner la génération des ados des années 80, biberonnés par les débuts de la new-wave pour les plus jeunes et la révolution punk pour les plus vieux, une génération qui a vu naître les jeux vidéos, les ordinateurs perso, la technologie tout partout, mais aussi une génération (que l'on a appelée "X", aujourd'hui on parle de "Y" et même de "Z" - et après on est bien emmerdés) qui s'est pris la crise en plein dans la gueule, ayant été élevée dans le plein-emploi étant enfants par des parents qui n'imaginaient pas la déprime et les galères qu'allaient vivre leur progéniture, une génération qui a grandi avec le Sida, le chômage, la compétition, quand tout le monde faisait encore comme si ça n'existait pas, du moins chez les adultes de l'époque.

Bref cette génération là, elle n'était pas préparée du tout à affronter la vie, contrairement aux générations "Y" ou "Z" qui, peut-être un peu plus, le sont, éduqués dès le berceau à galérer toute leur vie, car ils ont notre exemple devant les yeux.
Les quinquados sont en général de deux sortes : des saloperies qui se sont fait plein de pognon sur le dos des autres et qui prônent le libéralisme, le capitalisme débridé, le lepénisme, et les autres, les ratés, les cyniques, les rigolards ou les dépressifs qui n'ont pas encore grandi (certains croient même au Père Noël, c'est-à-dire au socialisme ou plutôt au hollandisme) et sont restés coincés dans leur post-adolescence, ce qui fait d'eux des gens formidables. Bon, il y a aussi les gros beaufs et tous ceux qui étaient déjà vieux à 15 ans, ceux-là il y en a toujours eu et il y en aura toujours.

Ne lisez pas tout ce que je viens d'écrire, c'est complètement con, j'ai juste envie de vous parler de ce que qui m'excite artistiquement parlant, à savoir du rock (punk, new-wave, grunge, électro, post-punk) d'hier et d'aujourd'hui car je baigne dedans, des BD (je rattrape mon manque de culture manga ou BD occidentale en relisant tout ce qui est sorti depuis 72 ans), de bouquins (moins car je lis surtout des essais sociaux ou historiques, ça je n'en parlerai pas ici), et of course des séries-télé que j'avale goulûment l'une après l'autre et des films (moins, je regarde plus de séries). Et peut-être même parlerais-je de politique, d'anarchie ou d'écologie de temps à autre, voire de bricolage, de couture ou de plomberie si jamais je m'y mets.

Amen.