- petit guide de visite à usage des vieux fans transis d'amour pour Joy Division -
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L'abeille est le symbole de Manchester, elle est partout (ce jaune criard est-il une inspiration pour certains design du label Factory ?) |
A l'âge de 20 ans, découvrir Joy Division, Factory, New Order, les Smiths, The Fall ou les Happy Mondays, ça vous marque un homme. À cette liste il y en a des dizaines d'autres que l'on peut ajouter, Inspiral Carpets, 808 State, les Stone Roses et Oasis évidemment, et ce qui les unit tous : la ville de Manchester. Et avec la ville, tous ces noms que l'on a croisés dans les interviews, les biographies, les concerts réédités, les vidéos plus ou moins pourries de Joy Division, les pochettes de disques de Factory, la Haçienda, Tony Wilson, des dizaines et des centaines de noms de rues, de lieux, qu'un pauvre français est bien incapable de situer.
À tous ceux qui ont baigné dans cette culture underground fascinante qui a bien souvent défini tous leurs goûts artistiques est forcément venue l'idée, un jour, d'aller y voir de plus près. Il ne s'agit pas d'être "fan" pour cela, cela va bien au-delà, ça frise le religieux, le sacré... c'est une part de soi-même.
Mais assez de blabla. Un jour j'ai été vieux, et on m'a offert pour cela un putain de chouette cadeau d'anniversaire : 4 jours à Manchester.
Il y a pléthore de gens qui y sont allés, je ne suis pas le premier, et plein qui l'ont raconté sur le web. J'avais un chouette bouquin qui m'a bien aidé à préparer mes déplacements sur place, mais il a fallu quand même s'organiser pas mal entre le logement et les endroits à voir, entre ce qui vaut la peine et ce dont on peut se passer. Voici donc quelques conseils pour optimiser votre visite à Manchester en 2026 ou après...
Où loger
Si le "vieux" Manchester (la ville quoi, pas sa banlieue ni le "greater Manchester" - 500 000 habitants tout de même), qui est l'endroit idéal, est trop cher pour vous (carte ci-dessus), visez plutôt le sud ou l'ouest car c'est là que sont le plus facilement accessibles tous les spots mythiques : heureux hasard pour nous, nous étions à Salford, la ville de Peter Hook et de Barney, très bien desservie par la Blue Line ou les bus 30 ou 33.
Manchester, du moins la zone en beige ci-dessus (ailleurs, on s'en fout en ce qui nous concerne), c'est petit. Des le 2ème jour vous aurez fait le tour et les 3e et 4e vous vous rendrez compte que vous savez vous repérer et que vous êtes passés plusieurs fois aux mêmes endroit. Avec un point central : Saint-Peter Square au centre. On y passe tout le temps.
Contrairement à Londres, peu de voitures, peu d'endroits bondés, tout est assez tranquille, sauf le samedi ou le dimanche et aux heures d'entrée et sortie des bureaux, comme partout quoi. Nous y étions en pleine canicule (à cette latitude c'est relatif mais on a eu un bon 33° l'après-midi quand même), il y avait donc pas mal de gens dehors.
Les transports
Deux solutions : soit le bus, soit le tram, car il n'y a pas de billet conjoint. Le tram est moins cher, les deux ont des billets en illimité à la journée (le tram à aussi le week-end, ou 7 jours - mais pas 3 ou 4 ou autre), et avec le bus vous pouvez aussi payer au trajet, en payant dans ticket avec votre carte bleue. Sinon téléchargez l'app Bee Network et achetez vos pass à l'avance c'est le plus simple. Ne truandez pas, on s'est fait contrôler et ils mettent des warnings partout.
Dans le bus, validez votre pass devant le chauffeur (ou payez), mais dans le tram il n'y a rien à faire, vous montrez votre pass si on vous contrôle et c'est tout.
Si vous logez dans la ville, le mieux ce sont vos pieds et il y a 2 lignes de bus gratuites qui font le tour. Sur la carte ci-dessus, disons qu'il faut compter 30 mn à pied du nord au sud.
Ce qu'il reste
Évidemment, en 2026, Manchester a bien changé et il faut faire un effort pour imaginer à quoi cela pouvait ressembler en 1980. La ville était salle, froide, industrielle, aujourd'hui c'est tout le contraire, le passé industriel côtoie les immeubles ultra-modernes, l'ambiance y est très agréable, et franchement c'était une vraie surprise de s'y sentir si bien, même s'il y a toujours un peu de saleté, quelques clodos, et qu'on se doute bien qu'un touriste français qui vient en été ne ressent pas la même chose que le chômeur de longue durée anglais...
En conséquence, il y a des lieux qui ont disparu, comme le Russell Club, le Rafters ou l'Electric Circus.
Je tiens ici à donner mes impressions : évidemment, voir des bâtiments dont on connait les noms a un côté émouvant, comme dans tout pèlerinage. Mais vous pouvez les voir sur Street View ou partout sur le web, hier ou aujourd'hui, alors quel intérêt ? L'intérêt c'est justement d'y aller, d'un point à un autre, de voir le quartier, de capter l'ambiance, de connaître la ville, le bâtiment lui-même n'étant... qu'un bâtiment. Et en plus on ne peut pas rentrer dedans, alors... Mais l'ambiance, le mood, c'est ça qui rend le passé soudain vivant, on devient pour quelques heures un mancunien et ça, internet ne l'offrira jamais, même si vous passez vos nuits sur street view à tout visiter en long en large et en travers.
Points à visiter
Première option : vous offrir un guide qui vous fera tout visiter. Pour cela, c'est très simple, quittez ce blog et sortez votre porte-monnaie, vous trouverez ça facilement sur le net, il y a des tour-guide qui font ça (ce n'est pas une critique mais je préfère me démerder seul).
Deuxième option : Le DIY (Do It Yourself, qui devrait s'appliquer plus souvent dans la vie à tous les niveaux. Bref). Donc j'ai choisi moi-même ce qu'il fallait voir, il manque sans doute des endroits, mais ceux-ci me semblaient incontournables. Je me suis surtout concentré sur Joy Division, il faut dire d'ailleurs que les autres groupes, même New Order, n'ont pas agrégé des lieux à leur histoire à ce point-là. Par exemple, même pour Oasis qui est devenus l'un des plus grands groupes du monde, on n'associe pas vraiment de nom de bâtiment légendaire. De toutes façons, tous ces endroits où a joué Joy Division ont vu passer bien d'autres groupes fameux.
Je vous ai fait une carte Google Maps (pas le plus pratique car il faut un itinéraire), à vous d'adapter vos trajets.

Manchester City Center (intra-muros)
- (Lesser) Free Trade Hall, Peter Street
Bâtiment historique qui servit un temps de salle de concert. C'est là que tout a commencé, avec le concert des Sex Pistols le 4 juin 1976 auquel assistaient les futurs Buzzcocks, The Fall, Warsaw/Joy Division, etc... Sans ce concert, sans doute aurais-je passé mes vacances sur la Côte d'Azur en écoutant Aya Nakamura.
- Pips Disco, Fennel Street
Premier concert sous le nom de Joy Division le 25 janvier 1978, juste après la sortie du EP An Ideal for Living. Le lieu se nomme maintenant Popworld.
- Band on the Wall, 25 Swan Street
Salle mythique où est passé Joy Division le 4 septembre 1978. C'est toujours une salle de concerts : au moment où nous y étions, A Certain Ratio y est encore programmé !
- La Haçienda (aujourd'hui The Haçienda Apartments), 15 Whitworth St W
Le mythique bâtiment d'origine où toute la drogue du monde a circulé et les fêtes les plus délirantes ont eu lieu pendant des années, a été réhabilité avec des étages supplémentaires et transformé en appartements. Une petite plaque y mentionne un concert de James le 17 novembre 1982 (première partie de Big country). La Haçienda, où a été inventée, ou à défaut popularisée, la vague acid-house et le son "Madchester", a fonctionné de mai 1982 à 1997. La lecture du bouquin de Peter Hook, "L'Haçienda - La meilleure façon de couler un club" s'impose absolument.
- FAC 251 - The Factory, Princess Street
Les bureaux de Factory. Petit bâtiment devenu boîte de nuit, posé comme ça sur le canal, l'imagination fonctionne à plein en pensant à toutes les décisions, des plus loufoques aux plus brillantes, qui ont été prises ici...
- Rafter's, 65, Oxford Street
Le club où le groupe a joué n'existe plus, non plus que la devanture. Sans numéro sous les arcades, difficile de dire où était le club car l'adresse correspond à l'ensemble du bâtiment. Rien de particulier à voir...
Fresque de Ian Curtis peinte sur un mur... nous n'avons pas pu y aller mais on la voit bien en arrivant depuis l'aéroport en train, ça met tout de suite dans l'ambiance, surtout quand on ne s'y attend pas ! (se positionner sur le côté gauche dans le sens de la marche pour ne pas rater sa photo, c'est juste avant d'entrer en gare). La prochaine fois, on ira la voir de près !

- The Ritz, Whitworth Street West
Aujourd'hui dénommée "O₂ Ritz", cette salle de concert a reçu New Order le 26 octobre 1981. Elle est située juste en face du Gorilla, plus récente et qui accueille pas mal de concerts indé.
Petite parenthèse, on y a vu Militarie Gun, groupe de lovecore qui a sorti deux albums vraiment bien en 2023 et en 2025 (j'ai inventé le terme, le lovecore c'est du hardcore emo fraternel et enthousiaste à la Turnstile / Fragile / Drug Church / High Vis) + Morn, jeune groupe post-punk pas mal du tout qui n'a sorti que 3 titres pour le moment + Zoe's Brothers, des jumeaux mancuniens bien inspirés qui m'ont fait penser à Swell. On ne pouvait décemment pas aller à Manchester, même juste 4 jours, sans aller voir un concert, et on n'est pas revenus déçus.
Greater Manchester (banlieue)
- Salford Lads' Club, Saint-Ignatius Walk, Salford
Point de Joy Division ici, mais une photo iconique des Smiths devant ce club.
- Epping Walk Bridge, Unnamed Road, Hulme
L'un des points incontournable de la visite : le fameux pont piétonnier où le groupe fut immortalisé par Kevin Cummins. Evidemment, en plein mois de juillet caniculaire, pas de neige comme sur les photos. Un immeuble et quelques arbres ont poussé. Un maigre autocollant sans doute laissé par un fan sur la rambarde est le seul élément qui rappelle Joy Division. Autour, c'est l'université.
Hors de Manchester (pas sur la carte ci-dessus)
Il faut prendre le train pour s'y rendre, depuis la gare de Piccadilly. Le trajet dure à peine une demi-heure pour un direct à Macclesfield (tout de même 50 000 habitants, ce n'est pas du tout un bled), mais il faut s'organiser même s'il y a pas mal de trains qui font la desserte. Sur place, cela prend du temps également et on marche un peu.
- Stockport (Strawberry Studios sur Waterloo Road)
Il y a des choses à voir à Stockport, notamment les studios Strawberry où le groupe a enregistré Unknown Pleasures, et un récent mur peint avec la pochette du disque. Mais faute de temps on a zappé l'arrêt pour aller directement à Macclesfield. Petit regret, même si c'était bien sûr surtout la visite de Macclesfield qui comptait.
- Macclesfield : 77 Barton Street, cimetière et centre-ville
S'il n'y avait qu'un seul endroit à visiter en passant à Manchester, c'est bien évidemment la ville où Ian Curtis a habité et y a terminé sa vie.
C'était peut-être dû à l'été ensoleillé et aux vacances d'un touriste en goguettes, mais l'endroit n'est pas sinistre du tout. Au contraire, on voit un peu l'Angleterre des petites villes, avec de jolies collines alentours qui donnent envie d'aller y faire un tour, et si l'architecture ouvrière est omniprésente, notamment vers Barton Street où Ian vivait, l'endroit est devenu un lieu résidentiel pour familles modestes, sans doute, mais pas désagréable a priori. Petite émotion quand même de parcourir cette rue et d'arriver tout au bout à la fameuse maison. Il y a un "mémorial" dans la rue d'à côté qui n'est rien d'autre qu'une plaque Unknown Pleasures apposée sur un mur vide, un peu curieux mais bon, pourquoi pas.
Se rendre au cimetière nécessite ensuite une petite marche, pas désagréable pour se rendre compte que si la ville n'est pas aussi triste que ce que disait le chanteur, elle n'est pas vraiment animée non plus et la jeunesse devait quand même passablement s'y ennuyer.
Le cimetière est très joli, juste à côté d'un parc où les familles amènent leurs enfant, et la "tombe" (une pierre gravée en bordure de trottoir) se trouve juste à l'entrée, derrière le parking visiteurs, dans le Plot P. On la trouve facilement. Il y avait des fleurs fanées, un book imprimé par un brésilien qui avait amené ça pour rendre hommage à son fils décédé dont le rêve avait toujours été de venir ici, un vieux T-shirt imitant la pochette d'Unknown Pleasures, avec des chats (ok on se marre), diverses bricoles laissées là, c'est en y arrivant que je me suis dit que je n'avais rien prévu, alors j'y ai laissé mon âme quelques minutes (en même temps, j'ai toujours eu du mal à me qualifier de "fan", souvent synonyme d'aveuglement débile sans capacité de jugement).
Quant au centre-ville, pas très grand, il est très agréable et on tombe sur le mur peint de Ian Curtis, avec quelques explications en face. L'air de rien, tout ça fait quand même quelque chose.
Sites zappés ou visités sans photo pour cause d'intérêt très limité...
- TJ Davidson's rehearsal rooms, 35, Little Peter Street
C'est le studio de répète, celui où a été tournée la vidéo de LWTUA... Même si l'adresse existe encore, le bâtiment a disparu, remplacé par un plus moderne, il ne reste qu'à passer son chemin...
- Russell Club / The Factory, Royce Road, Hulme (salle de concerts)
Rien à voir ici non plus, le club a disparu, même l'adresse précise reste difficilement identifiable... À voir uniquement si vous avez envie de déambuler dans une rue remplie de résidences secondaires.
- Manchester Apollo, Stockport Road (salle de concerts)
Faute de temps et d'organisation, nous n'y sommes pas allés car l'endroit, au sud-est de la ville près d'Arwick, est un peu excentré. C'est mon seul autre (petit) regret.
- Electric Circus, Collyhurst (angle Teignmouth Street et Collyhurst Street - salle de concerts)
Excentré et situé au nord de la ville, renseignements pris tout a été rasé et il n'y a rien à voir, seulement un terrain herbeux dans un quartier de résidences secondaires comme à Hulme. Pas vraiment nécessaire de s'y rendre.
A vous de compléter avec les lieux qui manqueraient et d'adapter en fonction du temps que vous y passerez, mais surtout, au final, l'essentiel est de déambuler dans les rues au hasard, ce qui reste le meilleur moyen de s'imprégner de l'ambiance mancunienne.
Un peu de tourisme en parallèle
Question tourisme traditionnel (enfin, plutôt quartiers "branchés" avec ce que le terme comporte de péjoratif), il y a de chouettes coins peuplés de chouettes gens : les Northern Quarters notamment, le Gay Village (plutôt une seule rue en fait), Castlefield autour des canaux et les Quays à Salford, quartier moderne accessible via la blue line rapidement.
Près de Piccadilly, il y a l'institution incontournable Afflecks, une sorte de Galerie Lafayette indé/kawaï sur trois étages centrée sur la musique, les fringues ou les bijoux barrés ou destroy, l'iconographie marginale de 50 ans de rock et de culture underground. Alors évidemment on peut se demander si dépenser tout son pognon en T-shirts et autre quolifichets n'est pas une arnaque à fans et si le DIY n'est pas un terme de vieux con, mais bon, on s'en fout, c'est le principe de montrer qu'on aime ce qu'on aime en l'achetant tout fait.
Afflecks :
Northern Quarters :
Gay Village :
Castlefield :
Le Rain Bar, lieu branchouille près de la Haçienda :
Le punk à la Manchester Art Gallery sur Mosley Street (design - accès gratuit) :
Voilà, j'espère que ce petit tour d'horizon (très partiel et qui n'a d'autre valeur que de vous fournir un aperçu de ce que vous pourriez y faire en témoignant de ma toute petite expérience) vous aura intéressé.
Manchester - Paris, c'est 65 minutes d'avion. Autant dire que c'est à côté.
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Traduction du texte en chinois (vive l'IA), je pense que vous aurez compris le message en anglais : « Capitalisme ? Dangereux et dépassé. Il crée trop de problèmes. Nous voulons vivre dans un monde sans États, sans frontières et sans marchés. Dans un monde basé sur la coopération, selon les besoins de chacun, et non le profit. »
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